Nous, membres de L’UNITÉ D’ACTIONS PATRIOTIQUES DE LA DIASPORA BENINOISE Nous, citoyens et forces progressistes pour une Afrique souveraine dans un monde multipolaire, Lançons ce jour, depuis le mémorial THOMAS SANKARA urgent et direct un appel à la solidarité des peuples. En ce lieu même où le guide de la révolution s’est effondré sous les balles assassines de l’impérialisme avec le concours des valets qui ont appuyé sur la gachette pour tuer le souffle de la révolution nous nous dressons auréolé par l’histoire.
Des décennies après, ce souffle que l’on a tenté d’étouffer à jamais est encore plus vivace que jamais parce que nul ne peut emprisonner le vent de même que nul ne peut éteindre un esprit. Les ennemis de l’Afrique n’ont fait que différer la révolution et la lutte pour le progrès. Au moment où tous les hommes épris de Vérité de Justice et de Liberté accourent en ce lieu pour saluer la mémoire du capitaine qui se perpétue sous un soleil nouveau à travers les actions audacieuses et déjà historiques du capitaine IBRAHIM TRAORÉ, d’autres peuples ont perdu la flamme de la souveraineté et peinent encore à trouver le chemin de la liberté. C’est le cas de notre pays le Bénin.
Chers compatriotes, chers frères africains, valeureux peuples de l’AES, le Bénin après avoir montré la voie de l’espérance an 1990 a entamé contre toute attente, un processus d’involution depuis avril 2016. Cette marche à reculons et ce retour malheureux aux sombres périodes de la dictature sous la férule d’un nouveau valet de l’impérialisme nous surprend tous.
Au nom de nos mœurs de tolérance et de de pardon, le citoyen PATRICE TALON a été autorisé a retrouver la terre natale. Une terre de laquelle il s’était exclu lui-même pour trouver refuge en France. En effet, PATRICE TALON après deux tentatives d’empoisonnement et un coup d’état raté contre le président YAYI BONI s’était enfui du pays par le Nigeria quand les services de sécurité avaient décidé de mettre le grappin sur lui. Cette histoire est documentée, archivée et a donné lieu à un procès. Le juge Angelo HOUSSOU a rendu son verdict et a confirmé les faits.

Dans son livre écrit à cet effet, il donne les péripéties de ces actes attentoires à la vie d’un président en exercice et à la sûreté de l’Etat. Quand PATRICE TALON brigue la magistrature suprême, l’on s’empresse de saluer le génie béninois qui vient de vaincre pense-t-on, une autre fatalité. Un homme qui avait été si loin contre les institutions de l’Etat et qui a maintenant les manettes du pouvoir en main aurait fait profil bas pour réparer tout le tord qu’il avait causé à la République et à la nation. Lui qui avait même par sa puissance financière et son relationnel fait bloquer une aide publique au développement. Oui dans un élan d’apatridie, TALON a fait bloquer un financement du programme MILLENIUM CHALLENGE ACOMPT ( MCA) de plusieurs millions de dollars américains au profit du Bénin pour régler un différend entre anciens copains.
En effet, c’est à partir du deuxième mandat de YAYI BONI en 2011 que la brouille éclate. L’on apprendra de la bouche du président YAYI lui-même et devant les médias publics que PATRICE TALON à travers sa société Bénin Contrôle ( sic) s’arroge à lui seul, plus de 80% des avoirs de la douane Béninoise. Ce deal mal ficelé éclabousse la nation parce que le Président ne supporte plus la boulimie de son partenaire. Dans cette fameuse affaire du PVI ( PROGRAMME DE VÉRIFICATION DES IMPORTATIONS) qui a permis à TALON de privatiser tous les secteurs vitaux de l’économie beninoise c’est, l’Etat qui a perdu. Quand PATRICE TALON rentre au pays pour présenter sa candidature à la présidentielle de 2016, l’opinion nationale croit que la hache de guerre entre les deux acteurs est définitivement enterré et que le calumet la paix a été fumé à grandes voluptés. Malheureusement, depuis l’accession de PATRICE TALON aux affaires, l’on assiste à une vendetta incompréhensible.
Tout ce qui motive l’action du président talon c’est la vengeance contre son ami d’hier. Une vengeance transposée dans l’espace public pour devenir finalement une vengeance contre le peuple béninois. Derrière les réformes annoncées en fanfare pendant la campagne électorale de 2016, il y avait un plan. Celui de déployer conformément à sa philosophie politique, l’embrigadement des libertés fondamentales pour mieux asseoir son empire financier. Citons PATRICE TALON pour mieux entendre cette philosophie politique : ” quand dans un pays vous arrivez à acheter les grands les électeurs, les députés, les maires, les syndicalistes, vous pouvez vous faire élire sans competion”.
Ce fameux discours- programme est aujourd’hui la réalité qui porte toute l’action gouvernementale. PATRICE TALON a muselé toutes les voix dans le pays par l’achat des consciences molles. Celles qui ont refusé de cracher au bassinet et qui ont héroïquement refusé de rentrer dans les rangs se retrouvent en prison.
Il faut noter qu’en dehors des achetés et des détenus politiques dont les plus illustres sont le professeur JOEL AIVO et la Ministre RECKYA MADOUGOU, il y le lot des exilés. C’est à dire ceux qui a réussi à passer entre les mailles de la répression pour trouver refuge au-delà des frontières. Désormais, seul et en territoire conquis, PATRICE TALON s’est attaqué à la constitution du 11 décembre 1990 pour en tuer l’esprit du consensus et la vider de sa substance. Cela a abouti au contrôle sans partage du champ politique avec ses deux partis. Depuis lors, il n’y a plus d’élections au Bénin. En 2019, en 2021 et en 2023, TALON s’est armé de lois crisogenes pour exclure tous les candidats crédibles. Il en a résulté des manifestations pour dire non à l’exclusion. Toutes ces manifestations ont été matés dans le sang.

A Cadjehoun, à Dassa, à kilibo, à Bantè, à Tchaourou, à Parakou, des populations civiles, innocentes et souvent loin du champ des manifestations ont été pris pour cibles et froidement abbatus.
Depuis ses tueries, le Bénin est dans l’affliction et n’a jamais retrouvé la paix. Pendant que des hommes politiques étaient traqués et les médias muselés, TALON a transformé les parcs animaliers ainsi que l’aéroport de Tourou en un no man’s land avant de conclure en 2023, un accord de défense et de sécurité avec la France de Macron.
C’est depuis la signature de cet accord que les attaques terroristes sont apparus dans l’histoire du Bénin. Ces attaques sont progressivement montés en intensité. En début de cette année, une attaque d’envergure a visé l’opération mirador qui selon les dires des securocrates est le dispositif le mieux équipé en hommes et en logistiques pour enrayer le terrorisme de notre territoire. Ce jour-là, une cinquantaine de nos soldats ont été pris en éteau par une horde de terroristes. Après huit heures de lutte sans aucun renfort alors qu’à quelques encablures, notre armée disposait de deux compagnies militaires, nos soldats ont tous été décimés. Les uns directement au cours des affrontements, les autres capturés et exécutés un à un avant d’être propulsé dans un puits. Les images de nos soldats déchiquetés par les balles et ceux calcinés hantent encore nos mémoires.
Si hier, nous n’avions pas de réponses à cette tragédie inacceptable, nous pouvons dire que les évènements du 7 décembre 2025 ont commencé à nous donner des pistes de réflexions.
Dès 2016, le capitaine TREKPO des eaux forêts alertait déjà. Cet homme dont la mission régalienne était de protéger la faune et la flore de nos parcs s’insurgeait contre la privatisation de nos parcs animaliers au profit de la société sud-africaine AFRICAN PARC NETWORK. Il avait notamment dénoncé la construction d’un aérodrome dans ce sanctuaire des especes animales protégées et cela avait-Il dit sans aucune étude d’impacte environnemental.
Muselé et déchu de ses fonctions, le capitaine TREKPO a été obligé de prendre très tôt la route de l’exil pour sauver son intégrité physique. Le 8 décembre, un autre capitaine du nom de DELCOZ KINDJAHOUNDE reprenait en échos, les revendications des insurgés du 7 décembre avec des détails qui donnent encore froid dans le dos. Selon les informations du capitaine DELCOZ, les présidents PATRICE TALON et BAZOUM étaient de mèches avec les terroristes. Ils leur donnent gîtes et couverts. Ils les ravitaillent en logistiques, en armes, en carburants mais aussi en drogue. Le terrorisme est une affaire juteuse pour PATRICE TALON affirme l’officier qui a été au front dans la lutte contre le terrorisme et qui parle des faits dont il a été le témoin direct. L’officier affirme même que les infrastructures hôtelières et les sociétés de PATRICE TALON dans le nord ne sont jamais attaqués par les terroristes.
Tout comme la jeune KINGBO FLORENCE arrêtée à la suite d’une vidéo digne d’un pamphlet, le capitaine DELCOZ serait atteint de démence. En attendant que des spécialistes se prononcent sur l’état de santé du capitaine, nous ne pouvons pas nous empêcher d’affirmer que ce ballet de soldats indiquent que notre pays va mal.
Depuis 1972, la grande muette a su demeurer fidèle à sa règle d’or. Pourquoi sort-elle pour briser le silence des casernes pour donner de la voix à la place publique. La République s’interroge et attend des réponses. Vous souvient-il de cet autre cri d’alarme. Il y a quelques années, un soldat devant caméra parlait de la répression que subissait des soldats béninois en mission pour le compte de l’ONU. Il y parlait de leurs maltraitances mais aussi des exécutions sommaires qui avaient lieu dans l’armée. Des supérieurs qui font tuer des subalternes, c’est aussi ce qu’à révélé le capitaine DELCOZ en citant des noms et des lieux. C’est pourquoi, les évènements du 7 décembre ne peuvent pas se dissoudre dans les condamnations de principe qui fusent de partout. La République s’interroge et a besoin de réponses.
Des enquêtes doivent s’ouvrir tant à l’interne qu’à l’international pour comprendre. Est-il juste de qualifier les soldats qui se sont insurgés d’un groupuscule d’aventuriers pour contenter la conscience nationale alors que l’on a fait appelle à une coalition de pays dont la France pour reprendre le contrôle de la situation. Passé le temps des condamnations pour se donner bonne conscience, n’est-il pas temps de regarder de manière courageuse la réalité que l’on refuse de voir. La nation doit ouvrir un grand dialogue national pour donner la parole aux citoyens, militaires du CMR ainsi qu’aux capitaines DELCOZ et TREKPO.
S’il nous est impossible de savoir ce qui se passe dans les casernes, nous pouvons au moins décrire avec forces et détails ce qu’est devenue la République sous PATRICE TALON. Depuis maintenant 10 ans, les syndicats des travailleurs nous le rappellent à chacune de leurs sorties. Ils dénoncent la situation de précarité des travailleurs. Ils mettent en évidence la perte du pouvoir d’achat et la montée en puissance de la faim. Ils parlent aussi des salaires bloqués, ils insistent sur situation des milliers d’enseignements maintenu depuis près de 10 ans dans le statut d’aspirant au métier d’enseignant ( AME). Ils parlent de la pauvreté et du chômage lié aux casses intempestives et à la liquidation des sociétés d’État sans mesures d’accompagnement pour les travailleurs. Ils s’interrogent sans sur l’opportunité des emprunts obligataires et veulent savoir le montant réel de la dette.

La cerise sur le gâteau de leurs revendications, c’est l’opacité sur les salaires du président de la République, ceux des ministres et des présidents des institutions. Ce qui est intolérable dans une république est devenu une norme. Comment lutter contre la corruption si l’on ne connait pas le salaire du président de la République. Selon des indiscrétions le président est payé à 80 millions de francs CFA et personne ne peut raisonnablement dire si cela est vrai ou faux à cause de l’omerta entretenu.
Chers compatriotes, au delà de ses dérives liberticides et de la transformation de la République en une monarchie de type autocratique que nous n’avons de cesse dénoncer, nos préoccupations s’étendent aujourd’hui aux conséquences de la tentative de la prise du pouvoir par l’armée. Aussi, nous dénonçons avec la dernière énergie l’agression de notre armée et de notre peuple par des forces d’occupation. Macron a trahi son serment de rompre avec les pratiques rétrogrades de la francafrique. Il n’a pas tenu sa parole et ne mérite pas notre respect.
Depuis le 7 décembre, nous avons la preuve que la nouvelle politique sécuritaire de la France était simplement de revenir avec félonie aux anciennes pratiques. La France n’a donc pas changé et se refuse de tirer les leçons géopolitiques d’un monde qui est pourtant en pleine mutation. Comme hier dans le Cameroun de l’UPC, le Nigeria du Biafra, la Centrafrique de l’opération turquoise, la France bande toujours ses muscles comme à Abidjan en 2010 et à Bengazi en 2011.
Non, les patriotes et les souverainistes n’acceptent pas la présence des forces d’occupation. Nous les dénonçons tout comme les actes d’agressions sur notre peuple et dont ils devront répondre tôt ou tard. Au regard de tout ce précède, nous demandons le retrait de la France, du Nigeria et de la Côte d’ivoire pour laisser les béninois régler entre eux, leurs contradictions internes. Au demeurant, la CEDEAO n’est pas la bienvenue au Bénin.
Ce n’est en enfilant les chechias des tirailleurs sénégalais que la CEDEAO controversée va retrouver sa légitimité et ses lettres de noblesse Non, notre pays ne servira pas de base arrière pour faire la guerre de la France contre l’AES puisque c’est la véritable raison de la présente des forces d’occupation sur notre territoire. La France et ses forces d’occupation ont le choix de partir après leurs sales besognes. Elles ont aussi le choix de rester et de se faire chasser comme la France s’est faite chasser du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
A vous,
Chers Frères africains, il nous plaît de rappeler du haut de cette tribune que le temps des soutiens théoriques est révolu. L’heure de la solidarité active a sonné. C’est pourquoi nous lançons un appel direct fraternel et urgent aux peuples de l’AES. Ces nations en première ligne contre le terrorisme et l’impérialisme comprennent mieux que quiconque les enjeux de la présence des forces d’occupation sur notre territoire. La solidarité des peuples que nous sollicitons n’est pas une option. Elle est une nécessité stratégique et existentielle pour notre région. En effet, la sécurité du Sahel se joue aussi à Cotonou.
La situation au Bénin n’est plus une affaire intérieure tant notre pays est devenu l’épicentre d’une bataille qui se doit d’être décisive. D’un côté, l’axe Macron- TALON et leurs alliés en tant que symboles d’une francafrique assumée, de l’autre côté, le peuple béninois assoiffé de liberté, de dignité et qui tend la main aux frères de l’AES ainsi qu’à toutes les forces progressistes du monde entier.
Dignes fils d’Afrique où que vous soyez, écoutez l’appel qui vient du Bénin et soutenez le.
Amplifiez le.
Pour ce qui nous concerne, chers compatriotes, nous voici au carrefour de l’histoire et face à nous mêmes parce que l’heure de nous même a encore sonné. Comme hier, nous saurons retrouver à nouveau le chemin de la liberté. TALON a décidé de ne pas entendre la voix de la sagesse. Murer dans dans le sanctuaire de son ego démesuré, il se lance dans les représailles et dans les mandats d’arrêts internationaux. Ce faisant, il s’enfonce dans une voie sans issue et enfonce davantage notre société dans la zone de turbulence dans laquelle nous sommes rentrés depuis le 7 décembre 2025.
L’avenir de notre pays ne se trouve pas dans ses chevauchées inutiles mais plutôt dans les assises nationales pour penser les plaies ouvertes par l’exlususion et l’arrogance. C’est pourquoi le devoir nous appelle.
Chers compatriotes maintenant que nous savons que le mal qui ronge notre pays s’appelle PATRICE TALON, il faut avoir le courage de le mettre en quarantaine. Oui sans tirer une seule balle nous pouvons chasser le mal TALON en usant de nos droits naturels et innés.
Quand on ne veut pas on dit : non.
Chers compatriotes disons non à PATRICE TALON et demandons partout sa démission.
Ce n’est nullement un crime de lèse-majesté que de dire non à une relation qui devient toxique.
Partout sur l’étendue du territoire levons pour dire non à TALON.
Disons à TALON que nous ne pouvons pas nous soumettre à l’autorité d’un homme que nous avons librement choisi et qui ne nous respecte plus. Un homme que nous avons librement choisi et qui n’a plus de parole d’honneur. Un homme qui nous affame, enferme injustement nos frères et chasse nos parents en exil.
Il ne s’agit plus d’avoir peur. Il s’agit de dire nous ne voulons plus. L’heure de nous-mêmes a enfin sonné pour reprendre dans la rue le pouvoir que nous avons concédé dans les urnes. Pour cela, il convient de déclencher la désobéissance civile. Travailleurs, paysans, commerçants, ouvriers, étudiants et élèves Préparons nous à assumer ce grand défi. Seule la désobéissance civile pourra ouvrir dans la paix, la voie à une nouvelle conférence nationale en vue de définir pour notre peuple, les termes d’un nouveau contrat social.
Vive les patriotes et les forces progressistes en lutte au Bénin,
Vive l’Afrique digne.
Vive la France digne et insoumise à l’axe du mal et à l’impérialisme rempant.
Vive Cuba, le Venezuela, l’Iran, la Palestine, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud et toutes les nations engagées pour un monde multipolaire!
Vive les peuples frères de l’AES pour que vive une Afrique nouvelle.
Celle de nos choix assumés et de nos intérêts prioritaires.
Vive la révolution, la lutte continue!
Ouagadougou le 14 Décembre 2025.
ADE SYMAHOU
COORDONNATEUR GÉNÉRAL DE L’UAPDB