Afrique du Sud : la xénophobie de la honte — l’Afrique doit se lever maintenant.

Par TOURE MOUSSA ZEGUEN
Directeur de Publication, ADNEWS24.NET

Une barbarie inacceptable au cœur du continent

Depuis plusieurs semaines, des scènes d’une violence insoutenable visant des Africains circulent en provenance de l’Afrique du Sud — ce pays pourtant symbole de résistance et de dignité, héritier du combat de Nelson Mandela et dirigé aujourd’hui par Cyril Ramaphosa.

Mais ce que montrent ces images n’a rien d’un idéal de réconciliation : ce sont des actes de chasse à l’homme, de brutalités répétées, de déshumanisation assumée contre des Africains dont le seul tort est d’être étrangers sur une terre africaine.

 *Trahison historique et faillite morale

*Il faut le dire sans détour : ce qui se passe est une trahison.

Une trahison de l’histoire, d’abord. Car l’Afrique du Sud a été l’un des plus grands bénéficiaires de la solidarité africaine et internationale durant l’ère de Apartheid. Des peuples entiers se sont mobilisés, ont sacrifié, ont résisté pour que ce pays soit libre.

Une trahison morale, ensuite. Comment un peuple libéré de l’oppression peut-il, à son tour, devenir oppresseur ? Comment peut-il retourner sa colère contre ses propres frères et sœurs africains, au lieu de s’attaquer aux véritables causes sociales et économiques de ses difficultés ?

 Le silence n’est plus une option

Face à cette dérive dangereuse, le silence des États africains devient et des africains complice.

Il ne s’agit plus d’indignation passagère ou de condamnations diplomatiques de façade. Il s’agit d’une crise grave qui menace les fondements mêmes de l’unité africaine.

Si l’Afrique tolère que des Africains soient persécutés sur le sol africain pour ce qu’ils sont, alors le projet panafricain n’est qu’un slogan vide.

 Un appel à la mobilisation générale

Il est temps de dire clairement : Trop, c’est trop.

Nous appelons les peuples africains, les intellectuels, les organisations de la société civile, les mouvements panafricanistes et la diaspora à se lever avec détermination.

Mobilisations populaires, pressions politiques, campagnes médiatiques, actions citoyennes : toutes les formes de lutte pacifique doivent être engagées pour exiger la fin immédiate de ces violences et la protection effective des migrants africains en Afrique du Sud

 Interpeller le pouvoir sud-africain

Le gouvernement de Cyril Ramaphosa ne peut plus se contenter de déclarations.

Il doit agir, protéger, sanctionner et restaurer l’ordre avec fermeté. Car laisser prospérer la xénophobie, c’est fragiliser non seulement la nation sud-africaine, mais aussi toute l’architecture morale et politique du continent.

 L’Afrique à l’épreuve de son destin

Ce moment est un tournant.

Soit l’Afrique choisit la dignité, la solidarité et l’unité réelle.

Soit elle accepte la division, la haine et la régression.

L’histoire jugera sévèrement les silences d’aujourd’hui.

 Conclusion : refuser l’inacceptable

Il ne s’agit plus simplement de condamner. Il s’agit d’agir.

Car accepter cela, c’est accepter que demain, n’importe quel Africain puisse être humilié, chassé ou tué sur une autre terre africaine.

Et cela, aucun peuple digne ne peut l’accepter.

TOURE MOUSSA ZEGUEN

Directeur de Publication

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