« NOUS SOMMES LES VRAIS PANAFRICANISTES » Prononcé à Nairobi, en terre africaine, lors du Sommet France-Afrique

Prononcé à Nairobi, en terre africaine, lors du Sommet France-Afrique

1. L’affront territorial 

Dire « nous sommes les vrais panafricanistes » à Paris, c’est déjà une provocation. Le dire à Nairobi, cœur de l’Afrique de l’Est, terre de Jomo Kenyatta et des Mau Mau, c’est une profanation en territoire occupé. C’est venir dans la maison de la victime pour lui expliquer ce qu’est la justice.

2. La mise en scène néocoloniale 

Le Sommet France-Afrique n’a plus lieu à La Baule ou à Bamako. Il se déplace à Nairobi pour donner l’illusion du multilatéralisme. Mais le script reste le même : la France convoque, la France parle, la France définit. Prononcer cette phrase sur sol africain, c’est signer l’acte de propriété symbolique. « Même chez vous, c’est nous qui nommons les concepts. »

3. Le cynisme géographique 

Nairobi 1963 : Kenyatta proclame « Uhuru », la liberté. 

Nairobi 2026 : Macron proclame le « vrai panafricanisme » français. 

63 ans d’écart. Même sol. Deux projets opposés. L’un chasse le colon. L’autre revient déguisé en frère de lutte. C’est l’histoire qui bégaie, mais avec plus d’arrogance.

4. Le calcul de Macron 

Pourquoi Nairobi ? 

– Contourner l’Afrique de l’Ouest : Après les revers au Mali, Burkina, Niger, Sénégal, Paris cherche des alliés anglophones moins chargés de mémoire françafricaine. 

– Instrumentaliser l’Est : Le Kenya, hub économique, est présenté comme le « bon élève ». Le féliciter, c’est diviser l’Afrique entre « modernes » pro-France et « archaïques » souverainistes. 

– Blanchir le concept : Faire dire par des Africains, sur sol africain, que la France est panafricaniste. La boucle de la légitimation est bouclée.

5. La réponse doit être territoriale 

En côte d’ivoire , la riposte tient en 3 lignes : 

1. Le panafricanisme n’a pas besoin de visa : Il est né à Manchester en 1945, à Accra en 1958, à Alger en 1973. Jamais à l’Élysée. 

2. Nairobi n’est pas à vendre : La terre des Mau Mau ne peut pas servir de studio pour blanchir la Françafrique. 

3. Le vrai se mesure aux actes : Quittez nos bases. Laissez notre monnaie. Rendez nos archives. Après, on parlera de panafricanisme. 

Chute 

Un esclavagiste à Gorée parlant d’abolition. 

Un colon à Alger parlant de décolonisation. 

Un président français à Nairobi parlant de panafricanisme. 

Même mépris. Même mise en scène. Mais l’Afrique de 2026 a des yeux neufs. Elle sait lire entre les lignes d’un sommet.

DEKOUADIO.

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